Assurance-vie ou Perp ? Quel est le meilleur choix pour ma retraite ?
Il est important de penser, le plus tôt possible, à se constituer un complément de ressources pour faire face à la baisse inéluctable de ses revenus au moment de la retraite. Perp ou assurance-vie, comment choisir le placement le plus avantageux ?
Le Perp et la carotte fiscale
Les cotisations (versements) effectuées sur un Perp ouvrent droit, dans certaines limites, à une déduction du même montant du revenu imposable. Comment apprécier en pratique cet avantage ? Il faut tenir compte du taux marginal d'imposition (TMI) du souscripteur. En effet, plus le taux marginal d'imposition est élevé, plus l'économie d'impôts est importante. Il ressort que l'économie d'impôt est vraiment intéressante si l'épargnant répond à deux conditions : être fortement imposé (les deux tranches les plus élevés) et voir ses revenus (rente comprise) diminuer fortement au départ à la retraite. Autrement dit, le Perp n'est vraiment intéressant que pour les personnes fortement imposées (cadres en milieu de carrière) et qui vont voir leurs revenus baisser au moment de la retraite. Pour les personnes moins fortement imposées, l'avantage fiscal est plus difficile à évaluer : si l'épargnant est faiblement imposé, l'économie d'impôt sera peu élevée et le gain fiscal ne pourra être réellement mesuré qu'au moment de la retraite : difficile de dire précisément ce que sera la réglementation fiscale dans 15 ou 20 ans, tout comme il est difficile de prédire quel sera le niveau de revenu du souscripteur à cette date.
L'assurance-vie, une formule souple et fiscalement privilégiée
Sur un contrat d'assurance-vie, il est possible, à tout moment, d'effectuer des rachats programmés (ou retraits), qui ne seront pas soumis à l'impôt tant que la fraction des plus-values des rachats annuels ne dépassera pas 4600 euros (9200 euros pour un couple). Pour des rachats plus importants, l'impôt sera d'autant plus élevé que le rachat interviendra tôt. Ainsi, Si le retrait a lieu dans les 4 ans de la signature du contrat, le taux du prélèvement s'élève à 46%. Entre 4 et 8 ans, le taux est ramené à 27%. Enfin, après 8 ans, le prélèvement est de 18,5%. Par ailleurs, le contrat d'assurance-vie permet de transmettre son patrimoine à des conditions privilégiées. En effet, le capital transmis au décès est, en principe, exonéré d'impôt... sauf deux exceptions. Si le capital transmis au décès dépasse 152 500 euros, la somme qui excède ce montant est taxée au taux de 20%. Deuxièmement, les versements postérieurs aux 70 ans du souscripteur sont, au décès, imposables aux droits de succession, mais après abattement de 30 500 euros. Quand ces droits s'appliquent, l'impôt de 20 % n'est pas perçu même si le capital transmis dépasse 152 500 euros.
Rente ou capital ?
Cette question est fondamentale ! En effet, il faut savoir que le Perp ne vous laisse pas le choix : vous ne pourrez sortir que sous forme de rente. A contrario, l'assurance vie vous laisse davantage de liberté : la sortie est possible en rente, en capital ou en retraits partiels. Il faut savoir que les conditions de la sortie en rente ne sont pas connues au moment de la souscription du Perp. Elles dépendent de plusieurs facteurs comme le capital accumulé sur le plan, votre âge au moment où vous commencerez à percevoir la rente. Si enfin, vous souhaitez, en cas de décès, que la rente soit reversée à un bénéficiaire, le montant que vous toucherez sera moins important. Pour calculer la rente, les assureurs se fondent sur des tables de mortalité, elles-mêmes basées sur l'espérance de vie. Il faut également savoir que la rente est imposable, dans les mêmes conditions que les pensions versées par les régimes obligatoires. Avec l'assurance-vie, vous avez le choix : opter pour une sortie en rente (moins fiscalisée que la rente du PERP) ou alors procéder par des rachats partiels (non imposés si la part des gains dans les retraits ne dépassent pas 4600 ou 9200 euros sur l'année) afin de vous garantir des revenus réguliers. Compte tenu des tables de mortalité en vigueur, il apparaît que plus on est jeune (60,65 ans), moins la sortie en rente sera favorable.
Le meilleur choix ?
D'un point de vue financier, il apparaît que le Perp n'est intéressant que pour les personnes très fortement imposées, dont le taux marginal d'imposition va fortement chuter au moment de la retraite. Tous les calculs le démontrent, c'est seulement dans ce cas que le Perp est plus rémunérateur que l'assurance-vie. Mais gardez en mémoire que ce produit doit être conçu comme un produit d'épargne complémentaire, spécialement destiné à assurer un revenu d'appoint après la vie active. En conséquence, rien ne vous empêche, et c'est même recommandé, de placer une partie de vos économies sur d'autres produits d'épargne, comme l'assurance-vie. Car au-delà de l'aspect fiscal, ce qui compte, c'est votre stratégie patrimoniale : si vous souhaitez pouvoir disposer de votre épargne à tout moment ou si vous souhaitez transmettre un capital à vos héritiers, alors le Perp n'est pas fait pour vous ! Tout dépend de vos besoins.
Pour en savoir plus et faire votre choix, n'hésitez pas à joindre votre conseiller.
Bérénice de Lahaye
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