Le PAYD commence à gagner l'Europe
L’assurance auto est sans doute sur le point de connaître un bouleversement tarifaire avec l’introduction et la généralisation du système en Europe du Pay As You Drive (PAYD) (littéralement, payer comme vous conduisez).
Une facture détaillée comme pour un mobile
Fruit des nouvelles technologies de l’information, ce concept est simple et consiste à adapter la prime d’assurance à l’usage réel de la voiture. Concrètement, un rabais parfois significatif sur la prime auto est proposé aux clients qui acceptent d’embarquer un boîtier (boîte noire) doté d’un module GPS. Celui-ci sert à enregistrer et à transmettre à l’assureur ou à son partenaire NTI des informations (nombre de kilomètres parcourus, lieu d’utilisation, vitesse,...) qui seront ensuite utilisées pour le calcul de la prime. De ce fait, avec le PAYD, la facture d’assurance auto s’apparente davantage à celle d’un téléphone mobile, dans la mesure où son montant varie chaque mois en fonction de l’usage fait de la voiture.
Une offre récente en Europe
Bien que le PAYD soit apparu aux USA dès la fi n de la dernière décennie, ce n’est que récemment que le concept est introduit en Europe, où les premières offres commencent cependant à connaître un réel succès sur certains marchés. Ainsi, après une phase d’expérimentation qui a duré 3 ans, Norwich Union, filiale d’Aviva et n° 1 de l’assurance auto au Royaume-Uni, a lancé en octobre 2006 sa 1ère formule PAYD. Une réduction pouvant aller jusqu’à 30 %, voire 50 % pour les jeunes conducteurs, est accordée aux clients acceptant d’embarquer un boîtier qui enregistre le nombre de kilomètres parcourus, le lieu d’utilisation du véhicule, mais pas les vitesses. Au passage, le conducteur est averti qu’il revient 10 fois plus cher de conduire le samedi soir qu’en journée pendant la semaine. Tout en reconnaissant une baisse de 20 % du nombre d’accidents lors de la phase d’expérimentation, Norwich Union reste encore discret sur les performances commerciales de son offre.
L’Italie en tête
Mais c’est sur le marché italien où le PAYD connaît un développement rapide. Le contrat est proposé par la plupart des grands assureurs auto (Generali, Unipol, Sara, AXA,...) car le boîtier leur permet de dresser un profil du conducteur, cerner son style de conduite, localiser une voiture volée et limiter les fraudes. Son succès est tel que quelque 1.000 nouveaux contrats seraient vendus chaque jour. Selon certaines sources, un million de véhicules, soit 3 % du parc, pourraient être équipés d’un boîtier d’ici à la fin de l’année, faisant du marché italien l’un des plus avancés en matière de PAYD en Europe. Le PAYD fait également des débuts encourageants en Irlande. Aux Pays-Bas, c’est même le gouvernement qui presse les assureurs à l’adopter. Dans les Emirats Arabes Unis (EAU), les Pouvoirs publics s’apprêtent également à le rendre obligatoire, avec l’objectif d’en équiper 700.000 véhicules d’ici à 2009. Même sur le marché français, où les projets de PAYD se sont jusqu’à présent heurtés au veto de la CNIL, la situation commence à évoluer, avec l’expérimentation que vient de lancer AXA.
A.G avec Capa Conseil
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