Un endettement record des ménages
Le taux d'endettement des ménages atteindra 70% de leurs revenus fin 2007. Comment comprendre ce niveau record ? L'analyse de Nicolas Bouzou d'Asterès.
70% : ce sera le taux d’endettement des ménages français fin 2007. Autrement dit, l’encours total de leur dette à rembourser représentera 70% de leur revenu disponible annuel. Ce chiffre constitue un record absolu pour la France. Ce qui appelle plusieurs remarques.
Premièrement, ce chiffre, bien qu’élevé pour la France, est faible dans l’absolu. Car, en réalité, il signifie la chose suivante : si les ménages résidants en France devaient, d’un seul coup, rembourser l’ensemble de leurs crédits, ils devraient y consacrer 70% d’un revenu annuel. Ce qui n’est pas beaucoup. Les jeunes ménages qui doivent rembourser un crédit immobilier comprendront que leur taux d’endettement à eux est beaucoup plus élevé.
Deuxièmement, ce chiffre est faible relativement à ce qu’on observe chez nos grands partenaires commerciaux. En 2006, ce taux d’endettement s’élevait déjà à plus de 100% en Allemagne, 115% en Espagne ou 145% au Royaume-Uni. En réalité, si l’on considère les pays à niveau de développement comparable, il n’y a qu’en Belgique et en Italie que les ménages sont moins endettés.
Autre façon de comprendre pourquoi ce ratio est faible : les seuls intérêts payés par les ménages aux établissements de crédit (au titre du crédit à la consommation et des crédits immobiliers) auront représenté selon nos calculs 2% de leurs revenus en 2007. Là encore, il s’agit d’un chiffre très faible.
Autre fait notable : la déformation de la structure de l’endettement des ménages au bénéfice du crédit immobilier. Fin 2006, les crédits immobiliers représentaient 73% des crédits totaux. Fin 2007, ce chiffre s’élèvera à 75%. Pour une raison simple : en 2007, l’encours de crédits immobiliers se sera accru de 12,5%. En effet, en dépit du ralentissement des transactions et des prix, l’allongement de la durée des prêts et la modicité des taux d’intérêt à long terme auront permis à l’encours de crédits immobiliers de connaître un nouvel envol cette année.
Rien de tel du côté des crédits à la consommation. Ce marché aura connu en 2007 son exercice le plus difficile depuis 2002. La nette croissance des gains de pouvoir d’achat engrangés par les ménages cette année (baisse de l’impôt sur le revenu, reflux de l’inflation et hausse des salaires) les a amenés à autofinancer une part plus importante de leurs achats. Ce reflux est particulièrement sensible sur les produits les plus « onéreux » pour les ménages comme le crédit revolving.
Nicolas Bouzou |
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