L'ISR résiste face à la crise
Les investissements responsables (ISR) représentent aujourd'hui 30 millions d'euros d'encours. Malgré la crise, les souscription ont plutôt bien résisté en 2008. Mais l'offre reste encore limitée et peu visible. Explications.
ISR, pour Investissement responsable. Trois lettres désormais à la mode dans le monde de la finance. Car si les fonds ISR n’ont pas échappé à la crise financière ni à la chute des marchés, ils ont dans leur ensemble bien résisté en termes de souscriptions. Désormais, il faut compter avec ce type de placements dont les encours ont connu une croissance de 37 % en 2008, s’établissant à près de 30 milliards d’euros en fin d’année, selon Novethic, centre de recherche sur la responsabilité sociale d'entreprise et l'investissement socialement responsable. Novethic répertorie 240 fonds ISR distribués en France, alors qu’on en comptait seulement une trentaine en 2001.
Le marché des particuliers en baisse
Ce sont les institutionnels qui manifestent le plus fort intérêt pour l’ISR. Ainsi, leurs encours ont progressé de 54 % en 2008. De son côté, le marché des particuliers a connu un ralentissement l’année dernière avec une progression limitée à 3 %. La collecte en épargne salariale a augmenté de 31 %, alors que les encours en gestion collective ont baissé de 13 % pour revenir sur leur niveau de 2006 . Ainsi, le poids des particuliers dans les encours totaux en ISR est passé d’un tiers à un quart à fin 2008. Cependant, la sensibilité des Français aux thématiques sociales et environnementales et aux questions relatives à la responsabilité des établissements, sous l’effet de la crise, peut orienter leurs décisions de placement en fonction de critères extrafinanciers.
Des critères de sélection sous l’influence du développement durable
« L’investissement socialement responsable recouvre l’ensemble des approches qui intègrent des critères sociaux, environnementaux ou plus largement de responsabilité vis-à-vis de la société, dans les décisions de placement et la gestion d’un portefeuille de titres (généralement d’entreprises), en complément des critères financiers. » Telle est la définition que donne l’organisme Novethic. Tout est dit. La France a adopté un concept qui conjugue le socialement responsable et le développement durable. L’ISR est alors sélectionné en fonction des entreprises qui sont observées à la loupe selon trois critères : le respect de l’environnement, la politique sociale de l’entreprise (DRH, relation client-fournisseur, etc), et la bonne gouvernance d’entreprise (composition des conseils d’administration, rémunération des dirigeants, actionnariat salarié, etc). Les gestionnaires ont alors une approche dite « meilleur de la classe ». C’est-à-dire qu’ils construisent différents univers d’investissements et établissent un classement qui détermine quelle entreprise a la meilleure pratique au sein de chaque univers et qu’elles sont celles qui ont le mieux progressé. Ces univers se traduisent ensuite par différents indices.
Le vrai problème est qu’aucune grande banque n’a encore décidé de faire de l’ISR un enjeu stratégique pour son réseau. Mais bien qu’encore isolés, les efforts se multiplient pour diffuser l’ISR. Ainsi, Novethic a créé un label ISR. L’objectif : visibilité et lisibilité. Les critères obligent en effet les sociétés de gestion à expliquer clairement et de manière publique leurs choix. Pour 2009, 92 fonds sur 121 candidats ont reçu le label, l’analyse restant cependant soumise à une démarche volontaire.
Par ailleurs, l’offre commence à se développer à s’adapter aux attentes des particuliers. Ainsi, UFG-Sarasin AM a lancé cinq produits ISR à destination de la clientèle de banque privée et des CGPI.
Alors, pour plus d’information, n’hésitez pas à joindre votre conseiller.
Laure Kepes
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