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15.09.2009
Le retour de la gestion flexible

Par Alienor Capital

La disparition des conditions d’un marché haussier signe le retour de la gestion flexible

Puisque les perspectives des bourses deviennent plus incertaines à moyen et long terme, l’objectif des investisseurs est désormais de se positionner davantage sur des gestions offrant beaucoup plus de souplesse d’exposition.

Les fonds diversifiés flexibles sont en train de s’installer au cœur des portefeuilles.

La chute des marchés financiers depuis deux ans n’est pas une simple correction technique ponctuant quatre années d’un rally quasiment ininterrompu. Elle n’est pas plus la nécessaire respiration d’un cycle structurellement haussier car son ampleur a durablement affecté le capital des investisseurs. Au contraire. En effet ni la gestion profilée ni la diversification de portefeuille n’ayant rempli leurs rôles alors que toute les classes d’actifs ont chuté en même temps, la crise actuelle marque une rupture radicale dans la marche des affaires, et donc, dans la perception des marchés d’actions par les investisseurs. L’exigence probable d’une prime de risque significativement supérieure à celle qui était demandée pendant les années fastes va tout d’abord provoquer un repli marqué des PER d’équilibre. Les croissances bénéficiaires de leur côté pourraient à terme pâtir du ralentissement des gains de marges engendrées par une délocalisation déjà très avancée et de la fin de la modération salariale. Enfin, la fin d’un cycle long de baisse des coûts de financement des entreprises va aussi peser sur les bénéfices.

Pour les états-majors des entreprises, ce nouveau contexte est lourd de conséquences stratégiques et managériales. Pour les investisseurs, il marque la disparition des conditions d’un marché haussier prolongé et impose une remise en question des méthodologies de construction de portefeuille. Ce paradigme inédit ne condamne certes pas la gestion actions pure, loin de là. D’une part, les marchés boursiers continueront quoi qu’il arrive de regorger de groupes cotés capables d’offrir de la valeur dans différentes phases d’un cycle économique.

D’autre part, les perspectives conjoncturelles qui se dessinent sous nos yeux, si elles seront plus erratiques et volatiles, n’en procureront pas moins aux investisseurs des phases haussières. Les investisseurs auront donc toujours besoin de fonds actions, activement gérés par des stock pickers.

Ce qui va durablement changer, en revanche, c’est la place impartie à des fonds actions benchmarkés dans les portefeuilles. Puisque les perspectives des bourses deviennent plus compliquées, il devient de plus en plus intéressant de se positionner davantage sur des gestions moins directionnelles et moins benchmarkées (c’est-à-dire disposant de track record prouvant la capacité d’un gérant à afficher des performances positives dans toutes les phases d’un cycle).

Cette nécessité n’est certes pas nouvelle. Depuis vingt ans, déjà, les hedge funds sont perçus comme des outils de diversification privilégiés, afin de limiter les expositions aux seules classes d’actifs traditionnelles. Mais ces derniers ne sont pas la seule alternative aux fonds benchmarkés. Faute de tendance haussière durablement tracée, la gestion flexible, cette méthodologie d’investissement libre dictée par des anticipations de marché, figure aussi parmi les méthodologies de gestion de plus en plus demandées. Sorte de fonds Global Macro sans vente à découvert et sans effet de levier, cette gestion permet de profiter de façon très réactive des opportunités de marché de toute sorte. Elle offre donc à la fois une diversification à des hedge funds exposés à leurs propres facteurs de risques (volatilité, dispersion, liquidité…) et à des fonds d’actions ou d’obligations trop contraints. Bienvenu par les investisseurs, l’essor de cette gestion n’est donc pas un feu de paille. Portée par un changement économique structurel, celle-ci devrait au contraire s’inviter en force dans les portefeuilles privés et institutionnels.

Source : Chronique Alienor Capital - septembre 2009
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