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17.11.2009
Transmettre graduellement son patrimoine (2)

La réforme des successions de 2007 a organisé les transmissions successives qui permettent de transmettre un bien à une personne, à charge pour celle-ci de remettre ce qu’il en reste (libéralité graduelle) ou le bien en nature (libéralité graduelle) à une autre. Un outil de transmission efficace et fiscalement intéressant puisqu’il n’y a pas de double taxation ! Le point sur les libéralités résiduelles.

Le principe

Il s’agit de transmettre, par donation, legs ou testament, un bien à Pierre (le premier gratifié), à charge pour ce dernier de transmettre ce qu’il en restera à Paul (le second gratifié) à son décès. Il n’y a donc pas d’obligation de conservation du bien.
Ainsi le premier gratifié peut aliéner à titre onéreux les biens et objets de la libéralité ou donner ces biens ou objets sauf en cas d’interdiction précisée par l’auteur de la libéralité. En revanche, il ne peut léguer les biens de la libéralité.

Difficultés

Une libéralité résiduelle peut, comme une libéralité graduelle, porter sur l’ensemble du patrimoine du disposant. Problème, l’article 1059 alinéa 3 dispose que « lorsqu’il est héritier réservataire, le premier gratifié conserve la possibilité de disposer entre vifs ou à cause de mort des biens qui ont été donné en avancement de part successorale. » « Ce texte pose un certain nombre de difficultés d’interprétation », note Imran Omarjee, notaire, auteur du « nouveau guide des successions et des donations ». En effet, « le seul fait que la libéralité ait été consentie en avancement de part successorale fait-il tomber toute la charge ou celle-ci peut-elle poser sur les biens formant également la quotité disponible ? En outre la protection de la réserve ne joue-t-elle que face à une donation et non en présence d’un legs ? Par ailleurs le premier gratifié peut-il accepté, expressément et du vivant du disposant, que la charge porte sur sa réserve, qu’il s’agisse d’une donation ou d’un legs résiduel ? », s’interroge le notaire.
Il appartiendra au juge d’apporter une réponse à ces questions.

L.K

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