Complémentaire santé : la taxe devrait peser sur les tarifs en 2009
Après la relative accalmie qui a marqué ces 2 dernières années, les tarifs de la complémentaire santé devraient rebondir en 2009, tirés par l’effet combiné de la dérive naturelle des prestations et de la taxe de 1 milliard d’euros décidée cet été par les pouvoirs publics.
La plupart des organismes contactés évoquent des augmentations moyennes comprises entre + 3 % et + 8 % pour les contrats individuels, et entre + 3 % et + 7 % pour les contrats collectifs. Ces augmentations sont d’abord attribuées à la dérive naturelle des dépenses de santé, dont la FNMF estime l’impact à + 2,8 %. Toutefois, comme les organismes complémentaires interviennent de plus en plus sur des dépassements d’honoraires, d’autres acteurs évaluent l’impact de cette dérive structurelle dans une fourchette comprise entre + 3,5 % et + 4,5 %. Mais, plus que cette dérive, c’est surtout la taxe de 1 Md d’euros décidée cet été qui va peser sur les tarifs de la complémentaire santé en 2009. La contribution des organismes complémentaires au Fonds CMU passera en effet de 2,5 % à 5,9 %, et quoiqu’on en dise, ce prélèvement supplémentaire de 3,4 % sera au moins partiellement répercuté sur les assurés. « C’est une charge dont on ne peut pas faire cadeau à nos assurés. Elle sera intégralement répercutée à compter du 1er janvier 2009 », admet Henri Laurent, directeur Santé chez Swiss Life France. A la Macif, on reconnaît que « les adhérents seront soumis à contribution ». La MGEN, 1ère mutuelle santé du marché, a calculé que la taxe lui coûtera entre 36 et 38 M d’euros, à comparer aux quelque 26 M d’euros d’excédents qu’elle a dégagés en 2007. Même des organismes (MNT), qui déclarent prendre en charge une partie de la taxe, ou ceux comme la MGSP, qui disent ne répercuter que la taxe et rien d’autre, tous reconnaissent que leur marge de manœuvre est limitée. « Le risque santé dégage peu d’excédent technique : dans un contexte de résultats financiers en baisse en 2008 et sans doute également en 2009, prendre à notre charge ces 3,4 % risque de provoquer des soucis de rentabilité et de solvabilité », explique une mutuelle de la place.
L.K avec Capa Conseil |
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