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23.04.2007
L'avenir de la santé est-il dans le crédit ?

On connaissait le crédit immobilier, le crédit à la consommation, voilà venir le crédit santé. L’idée : un crédit dédié spécialement aux dépenses de santé qui ne sont pas assurées. Soit pas du tout, soit insuffisamment. On se payera peut-être bientôt des implants dentaires comme on s’achète une voiture.  Faut-il s’en réjouir ?

L’assurance ne peut pas tout

Qu’on le veuille ou non, la Sécu rembourse une part toujours plus faible de nos dépenses de santé. Vieillissement de la population, développement des soins dits de « conforts », dépendance en fin de vie – selon l’avis des professionnels de l’assurance maladie, certains soins sont de plus en plus difficiles à mutualiser. « Aujourd’hui, en ce qui concerne la retraite, on a bien compris qu’il fallait plus compter sur soi. Pour la santé, le même changement est en train de se faire », estime Josette Guéniau, directrice générale de la compagnie d’assurance Swiss Life. Les Français sont déjà 87% à posséder une couverture maladie complémentaire. Mais ça ne suffit plus : « dans les cinq dernières années, la prime moyenne en assurance individuelle santé a augmenté de 50% », explique Josette Guéniau. « Dans les 15 ans avenir les cotisations devraient même quadrupler », selon Alix Pradère, spécialiste des questions de santé chez Jalma, société de conseil en matière d’assurance aux personnes. Le niveau des remboursements, lui, ne suit pas. Et l’évolution de nos salaires non plus. Résultat : notre budget santé pèse de plus en plus lourd dans nos bourses. Il va falloir trouver de nouveaux moyens pour financer nos dépenses.

Un nouveau moyen de financement complémentaire

Premier argument en faveur du crédit santé : « il aidera nos assurés à ne pas retarder certains soins en finançant le reste à charge », estime Josette Guéniau. En moyenne, les sommes proposées tourneront entre 500 et 800 euros, remboursables sur 18 mois, à un taux deux à trois fois inférieur au crédit revolving. Deuxième avantage : c’est un gain pour le consommateur. Plus besoin d’une garantie chère qui couvre tout. On peut se contenter d’une couverture pour les pépins de santé classique, et pour les actes coûteux mais ponctuels, on recourt au crédit : lunettes, implants dentaires, prothèses auditives, orthodontie, voire thermalisme. Une manière de glisser d’une logique de dépenses de santé globales à une logique plus individualisée, en fonction de vos besoins, de votre profil.

Mais à glisser vers une démarche plus consumériste, ne risque-t-on pas de renforcer les inégalités en termes d’accès aux soins ? « Rien n’empêchera que des opérateurs mutualistes ou de l’économie sociale de financer des crédits à taux zéro pour des populations qui n’ont pas les moyens de payer au taux du marché », suggère Alix Pradère. Par ailleurs, aussi chez bien chez Swiss Life que chez Jalma, on insiste sur le fait que le crédit n’a vocation à se substituer ni à la Sécu, ni à l’assurance complémentaire. Ce n’est jamais qu’un deuxième niveau de complément. « Ce n’est pas l’opération à cœur ouvert, ou le traitement du cancer qui d’un coup va passer dans un périmètre non mutualisé et financé à crédit », insiste Alix Pradère.

Nicolas Jones

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